dimanche 31 mars 2013

Ayrault, le socialiste

Dans un entretien au JDD, paru aujourd'hui, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, tonton Jean-Marc pour les intimes, a tenu à frapper les esprits en rappelant certaines petites choses, notamment son identité politique. 

A ce sujet, il a semblé vouloir se démarquer de papa François, qui a affirmé haut et fort jeudi soir dernier qu'il n'était "pas un président socialiste". Ce qui, au passage, a brûlé les dernières illusions du peu de gens qui y croyaient encore...

Tonton Jean-Marc a déclaré : "oui je suis un premier ministre socialiste. J'assume totalement mon identité politique." C'est vrai, tonton Jean-Marc est membre du Parti socialiste, on ne peut le lui enlever. Parti où l'on a cependant depuis longtemps oublié ce que "socialiste" veut dire... Peut-être la nouvelle équipe de com de tonton Jean-Marc pourra-t-elle lui refaire un rapide topo ? 

samedi 30 mars 2013

La nullité du foot français expliquée par M. Thiriez

La taxe à 75 % des revenus au-dessus de 1 million d'euros, remise sur la table par Papa François jeudi soir, fait de nouveau trembler la sphère de ce sport si pauvre et démunis qu'est le football. Mais plus tant les joueurs, cette fois, que les clubs qui les emploient, Papa François ayant annoncé que la taxe serait supportée par les employeurs. 

La Ligue du Football Professionnel (LFP) est directement remontée au créneau, comme il y a un an, lorsque Papa François avait pour la première fois annoncé cette mesure symbolique, en pleine campagne présidentielle. Et pour cette occasion, Frédéric Thiriez, président de la LFP, a ressorti du placard les bons vieux arguments : "la nouvelle taxation va coûter 82 millions d'euros. Avec ce coût du travail délirant, la France va perdre ses meilleurs joueurs, nos clubs verront leur compétitivité en Europe plonger..."

Il y a déjà bien des années que nombre de joueurs de haut niveau en France gagnent des millions par an, voire par mois, et c'est maintenant que M. Thiriez s'inquiète du coût du "travail" des joueurs ? Mais non ! Il s'agit en fait juste du prétexte tout trouvé pour expliquer la nullité des clubs français sur le plan européen. 

Une bonne explication pour leurs échecs futurs en tout cas. On cherche cependant toujours une bonne explication pour leur nullité présente et passée... Quelqu'un a une idée ? 

Une bonne explication pour les échecs futurs du foot français sur la scène européenne ? La taxe à 75 % bien sûr ! 

vendredi 29 mars 2013

La réflexion, d'accord. Et l'action, c'est pour quand ?

François Bayrou, centriste et leader du Modem - enfin son seul militant surtout... -, a livré sa réaction sur la prestation de notre papa François national hier soir à la télé.

Il a notamment constaté un certain cafouillis dans les mesures annoncées par le président, notamment au niveau de l'économie et de l'emploi. Selon lui, les mesures comme les emplois d'avenir ou les contrats de génération sont totalement en deçà des exigences d'embauche tant au niveau des entreprises que des collectivités locales, ou encore des associations. Pour lui, il faudrait "reprendre la réflexion sur ce qui bloque l'activité du pays".

Sauf que ce genre de réflexion est en route depuis une bonne quarantaine d'années, maintenant... Peut-être la solution finira-t-elle par être trouvée. Et dans ce cas, Rendez-vous en 2053 pour l'action ? 

M. Bayrou veut pousser papa François à encore réfléchir... Et agir, ça peut se faire, non ? 

Socialiste ? Vraiment ?

Commentaire de Gaël Sliman, de l'institut BVA, au sujet de l'intervention de Papa François hier à la télé : "Il assume clairement un positionnement social-démocrate, ce n'est décidément pas un socialiste orthodoxe".

"Orthodoxe" n'est-il pas un mot de trop dans cette phrase ? 

Avant, j'étais socialiste... Mais ça, c'était avaint ! 

Le choc de compétitivité était trop compliqué

Lors de son "grand oral", comme on dit dans les journaux, hier soir, Papa François a tenté une fois de plus de rassurer les Français, qui ne seraient plus que 22 % à le considérer comme un bon président. 

Notamment les chefs d'entreprise, auxquels il a promis un nouveau truc tout droit sorti de derrière les fagots : un "choc de simplification", censé faciliter la vie des entreprises. Le fameux choc de compétitivité de l'automne n'avait-il pas le même objectif ? 

Si ! Mais il était trop compliqué...

Tant qu'ils l'annonceront...

Il paraîtrait que Petit Kim Jong-Un, numéro uno de la Corée du Nord, a ordonné des préparatifs en vue de tirs de missiles vers les States ou leurs bases dans le Pacifique, suite à des vols d'entraînement de bombardiers furtifs B-2, dans un contexte de grandes manoeuvres conjointes entres les States et la Corée du Sud. On sait que la tension est grande dans la péninsule coréenne ces derières semaines. 

Mais soyons tranquilles. Si ce genre de nouvelle est diffusé chez nous, il l'est aussi certainement aux Etats-Unis. Et là bas, si une menace est annoncée, c'est qu'elle n'aura pas lieu. Preuve : Qui a annoncé les attentats du 11 septembre ?

Donc, tant qu'une menace nucléaire de la Corée du Nord sera annoncée, les étasuniens pourront dormir sur leurs deux oreilles. En revanche, le jour où Petit Kim Jong-Un ne fait plus parler de lui, suivant le contexte de ces dernières semaines, alors là... 

Tous aux abris anti-atomiques ! 

Le jour où ce beau jeune homme cessera de faire parler de lui, il faudra se méfier...

mercredi 27 mars 2013

Chômage : méthode Coué à l'Elysée, confusion de mots à l'UMP

Suite à la révélation des catastrophiques derniers chiffres du chômage, en augmentation de 18 400 personnes en février, les réactions à l'Elysée et à l'UMP révèlent un désespoir caché, voire des syndrômes pour le moins alarmants chez nos grands hommes politiques. 

Malgré ces chiffres toujours aussi élevés et en augmentation constante - c'est le 22e mois consécutif d'augmentation -, notre président M. Hollande croit toujours qu'il inversera la courbe du chômage avant la fin de cette année. Ou peut-être fait-il mine de toujours y croire ? Il a en tout cas déclaré à ce sujet, que "ce n'est pas un problème de convictions, ce n'est pas simplement une croyance, c'est une volonté, un objectif, et je m'y tiendrai avec des mesures que nous avons prises tout au long de ces derniers mois". Les mesures en question sont les pansements du genre contrats d'avenir, contrats de génération, mesures de compétitivité (cf. ce fameux pacte de compétitivité, si favorable aux travailleurs...). Malgré le désespoir qu'il sent monter en lui, M. Hollande ne veut pas en démordre, veut continuer à y croire, ça marchera ! Naïveté ? Non non, méthode Coué...

Pendant que M. Hollande se voile la face et espère voiler la nôtre par la même occasion, en face M. Copé, très démocrate président de l'UMP, s'est fendu de déclarations assez fracassantes comme d'habitude, mais révélant un syndrôme assez alarmant. M. Copé, dans sa volonté de toujours aider le gouvernement à s'en sortir, a déclaré : "il faut de toute urgence une rupture avec la politique désastreuse menée depuis dix mois !". De mauvaise foi le président de l'UMP ? Pas son genre voyons ! M. Copé a-t-il mal entendu et compris que le chômage n'augmentait constamment que depuis dix mois au lieu de 22 ? Ou bien sa mémoire ne remonte-t-elle pas à plus de dix mois ?  

Rien de tout cela, M. Copé souffre juste d'un syndrôme de confusion des mots. En fait, il voulait dire "rupture avec la politique désastreuse menée depuis 10 ans"... Il faut cependant vite en informer l'UMP, sinon ses membres pourraient se mettre à croire, à l'écouter, que la droite n'a fait que du bien aux travailleurs pendant les dix années qu'elle a passées au pouvoir...

Info de dernière minute : c'est trop tard...

lundi 25 mars 2013

Le "printemps rétrograde français"

Que faut-il retenir de la nouvelle manif anti-mariage gay d'hier après-midi ? Si ce n'est, bien sûr, cette multitude de gens rétrogrades, se disant malgré tout pas du tout homophobes, mais juste opposés au fait que les gays vivent leur vie comme ils le veulent ? Une multitude qui se pense suffisamment normale, et donc supérieure, pour décider à la place des gays comment ils gèrent leur vie amoureuse et familiale. Deux choses. 

- D'une part, la polémique née autour des débordements, dûs à des groupes d'extrême-droite paraît-il, qui ont donné lieu à des heurts avec les forces de l'ordre et au recours aux gaz lacrymogènes. Hauts cris de tous les représentants de la droite, qui demandent des comptes à Manuel Valls, ministre de l'Intérieur. C'est la grande indignation car ces gaz lacrymogènes ont touché des familles qui défilaient avec leurs enfants. Quelqu'un peut-il déjà expliquer la présence d'enfants dans une manif apolitique tout ce qu'il ya de plus politique ? Ensuite, ces gens qui poussent les hauts cris contre quelques gaz lacrymogènes parce qu'ils ont touché des gens paisibles ont-ils oublié qu'ils étaient au pouvoir il y encore à peine un an ? Ils vont sans doute tenter de nous faire croiore qu'ils n'ont jamais utilisé les gaz lacrymogènes contre des travailleurs en manif pour des motifs vraiment valables ? Ou, mieux, vont-ils nous faire croire que les gaz lacrymogènes n'étaient utilisés que contre les méchants travailleurs en grève ? Combien de fois avons-nous vu des gens touchés par ces gaz alors qu'ils ne faisaient pas partie des manifs, notamment lors des luttes contre la réforme des retraites de 2010 ? Nos élus de droite, si choqués, ont sans doute oublié tout cela... Ce qui les a surtout choqués en fait, c'est que certains d'entre eux, tels Christine Boutin, ont été la cible direct de jets de gaz lacrymogènes. Eh oui, quand on n'est plutôt habitué à commander le tir, ça fait tout drôle...

- D'autre part, information passée davantage inaperçue, d'après le journal La Croix, certains militants anti-mariage gay auraient prévu d'installer leurs tentes directement sur les lieux de la manif, histoire de reproduire la désormais célèbre place Tahrir, symbole des printemps arabes. L'idée était de lancer un "printemps français". Sauf que les printemps arabes sont nés sur l'idée de conquérir des droits jusque là déniés par le pouvoir. Un "printemps français" aujourd'hui naîtrait, à croire ceux qui ont eu cette idée, de refuser un droit que le pouvoir est prêt à accorder. C'est sans doute cela qu'on appelle le progrès... 
Les tentes n'ont finalement pas été installées et le "printemps rétrograde français" attendra. Mais est-ce bien un mal ? 

samedi 23 mars 2013

La Révolution française (13) : le danger des divisions...


La pire menace ? La division !

L’ Empereur Joseph ii d’Autriche nous a quittés ce 20 février 1790 dans une tristesse morne. Aussi morne que l’épitaphe qu’il a laissé avant de partir : « Ci-gît Joseph, qui n’a pu réussir en rien ». Cette absence de réussite serait à l’origine de sa santé déclinante, de sa grande tristesse, et de son trépas. A-t-il vraiment tout raté ? Pas forcément, si l’on se place du point de vue des peuples cherchant à sortir de l’oppression. Ce réformateur leur a donné les idées pour cheminer vers le progrès. Son intransigeance bien connue et son manque de respect pour les peuples qu’il dominait ont fini par les faire sortir de leur torpeur et les faire se révolter. Ainsi en particulier aux Pays-Bas Autrichiens qui, depuis la réunion des Etats Généraux de toutes les provinces le 7 janvier 1790, sont devenus les Etats Belgiques Unis.
Unis ? Si seulement... Depuis la libération de Bruxelles, la débandade des troupes autrichiennes qui s’en est suivie et la libération de tout le pays, une crainte se confirme. Cette révolution, qui paraissait bien partie, est en train de pourrir sur place du fait de la division toujours plus profonde entre ses acteurs. Comme on l’a déjà dit, ces derniers se répartissent entre démocrates partisans des réformes votées par une assemblée nationale – les Vonckistes – et les légitimistes, partisans du retour aux anciennes coutumes provinciales, aux Etats et leur division en trois ordres – les Statistes. Ce sont ces derniers qui ont pris le dessus dès l’entrée des vainqueurs à Bruxelles. Les Statistes, emmenés par Van der Noot, se sont appropriés tout le bénéfice de la Révolution, dont les Vonckistes sont pourtant les principaux artisans, et en ont évincé ces derniers. C’est donc sous l’égide des Statistes que les Etats Généraux se sont réunis début janvier et ont adopté, pour les Etats Belgiques Unis, une Constitution à l’Américaine laissant de larges attributions aux provinces et à leurs Etats, et à un Congrès souverain des attributions limitées à l’armée, aux Affaires étrangères et à la frappe des monnaies. Aucun concours de peuple dans cette nouvelle Constitution ! Les Vonckistes sont opposés à ce texte et ne se gênent pas pour le faire savoir. Malheureusement, les Statistes et Van der Noot, bien installés au pouvoir, pourchassent maintenant leurs amis d’hier. Et ils peuvent même s’appuyer sur une bonne partie de la population qui, malgré la volonté générale de se débarrasser de l’Autrichien, se méfie des Vonckistes, vus comme proches des patriotes français, jugés trop anticléricaux par une population encore très attachée au culte. Combien de temps pourra tenir ce nouvel Etat, en proie à un début de guerre civile ?
Cet exemple doit nous faire prendre conscience de la fragilité de l’unité nationale et d’une révolution, de notre Révolution. Car nous ne sommes guère mieux lotis. L’Assemblée Constituante et le monde politique des districts parisiens sont loin de vivre dans la plus grande unité. L’Assemblée est toujours constituée en partie de députés aristocrates déterminés à revenir à l’ancien ordre. Ceux que l’on appelle les Monarchiens, désireux se limiter aux seules conquêtes du 4 août, se sont rapprochés des précédents depuis les événements d’octobre. L’aristocratie, loin d’être abattue, cherche non seulement à faire refluer la Révolution, mais aussi à en protéger le Roi, dont l’enlèvement a déjà été projeté plusieurs fois, Favras étant le dernier en date à y avoir pensé. Les « Constitutionnels », partisans d’une monarchie tempérée par une assemblée législative, sont de loin les plus nombreux, mais divisés eux-mêmes entre modérés et radicaux. Enfin, il y a les plus radicaux, les plus proches du peuple, symbolisés notamment par le district des Cordeliers, qui a dernièrement refusé de livrer « l’Ami du Peuple », Marat, à la garde nationale, venue l’arrêter pour avoir accusé, pourtant fort justement, Necker de « sacrifier le bonheur de la nation aux banquiers ».
Nous ne sommes donc nullement épargnés par les ferments de la division, y compris dans le sein du peuple, dont une bonne partie se passionne pour des pamphlets aristocratiques, ou voit d’un mauvais œil les mesures anticléricales récemment adoptées, comme la mise à la disposition de la nation des biens du clergé, ou l’interdiction des vœux monastiques. Les divisions présentes et futures dues au problème religieux peuvent se révéler dangereuses…






mercredi 20 mars 2013

M. Ayrault va dans le mur et l'assume.

Lors de l'intervention qui lui a servi à défendre la politique de son gouvernement, cet après-midi, face à la motion de censure lancée à l'initiative de l'UMP, Jean-Marc Ayrault a déclaré deux choses en particulier. 

Il a déclaré assumer sa politique. Ce qui veut dire qu'il assume par exemple le coup de poignard dans le dos des retraités avec la réforme des retraites qui se profile à l'horizon. Ce qui veut dire aussi qu'il assume le pacte de compétitivité qu'il a mis en oeuvre fin 2012, totalement en défaveur des salariés, sans aucune garantie de voir plus d'emplois créés. On notera au passage sa grande efficacité au vu des chiffres du chômage de ces derniers mois... Ce qui veut dire aussi qu'il assume l'accord entre les partenaires sociaux sur la "flexisécurité" de l'emploi qui, en termes d'emploi, facilitera surtout les licenciements. Ce qui veut dire qu'il assume l'austérité - ou la rigueur, c'est selon - qui va nous tomber dessus.

Le Premier ministre, censé être de gauche - dans un lointain passé peut-être, oui -, assume sa politique économique de droite. A se demander la raison de cette motion de censure défendue par Jean-François Copé, qui n'aurait pas mené une autre politique s'il avait été au gouvernement. Tout ça juste pour faire parler de lui et se faire mousser... Quel narcissique ce Jean-François ! 

Enfin, M. Ayrault a affirmé savoir parfaitement où il allait. C'est tant mieux pour lui. Mais le peuple français est-il forcément obligé de l'y accompagner ? 

Un monde meilleur selon Obama

Aujourd'hui, le président américain Barack Obama est arrivé aujourd'hui en Israël pour sa première visite officielle en territoire hébreu. Il a été accueilli en grande pompe par le président israélien Shimon Peres et son premier ministre, le très sympathique copain Benyamin Nethanyahou. 

Lors d'un émouvant échange d'amabilités avec copain Benyamin, pas du tout hypocrite - ces deux hommes s'aiment tellement ! -, Barack Obama a déclaré être fier d'être le plus fort allié d'Israël car cette alliance va dans l'intérêt national US comme israélien, mais aussi dans l'intérêt d'un monde meilleur. 

Lorsque M. Obama ira rencontrer les Palestiniens, dont la prospérité toujours grandissante depuis qu'ils cohabitent avec Israël est bien connue, ils ne pourront que lui confirmer les bienfaits pour le monde de cette alliance...

Horreur !

Horreur dans les chaumières ce soir ! Une nouvelle fracassante est tombée : Jérôme Cahuzac, notre ministre délégué au Budget, a été démissionné par l'Elysée, à sa propre demande. Cela suite à l'ouverture d'une information judiciaire pour "blanchiment de fraude fiscale". Cela même suite à l'ouverture d'une enquête préliminaire le 8 janvier dernier pour le même motif. Cela enfin suite à un mois de bras de fer entre M. Cahuzac et le site Mediapart, qui a abouti à la révélation d'un enregistrement audio dans lequel M. Cahuzac révélait bien involontairement détenir un comte à l'Union des Banques Suisses (UBS) de Genève.

Malgré cela, durant des semaines, M. Cahuzac a continué à nier, surtout après que l'UBS a déclaré aux autorités suisses, qui se sont empressées de faire passer l'info à notre ministère de l'Economie et des Finances, que M. Cahuzac n'avait pas de compte chez elle depuis 2006. Ce qui fait qu'il ne pouvait donc logiquement pas y avoir fermé de compte en 2010, comme l'affirmait Mediapart.

Et on ne pouvait que le croire. Premièrement parce qu'un ministre ne ment jamais à ses concitoyens, c'est bien connu. Deuxièmement parce qu'une banque ne ment jamais aux autorités, c'est bien connu aussi. Enfin parce qu'une source du ministère de l'Economie et des Finances avait affirmé au JDD qu'"imaginer une seule seconde que les autorités suisses aient pu faire une réponse de complaisance [était] tout simplement absurde".

Et là, paf ! On apprend que M. Cahuzac doit démissionner car l'enquête préliminaire du 8 janvier, témoins et expertises à l'appui, a authentifié l'enregistrement audio, que M. Cahuzac tenait pour faux depuis deux mois. Ce qui rend M. Cahuzac coupable de mensonge envers la justice et ses concitoyens. Horreur ! 

Dire qu'on pensait que les ministres et les autorités étaient irréprochables et ne mentaient jamais. Dire qu'on pensait que les banques ne mentaient jamais à personne. Et là, M. Cahuzac - un ministre s'il vous plait ! - nous aurait menti ? La banque UBS nous aurait menti ? Les autorités suisses seraient complices de ce mensonge ? 

Quel choc ! Tout cela est si inhabituel de la part d'autorités si respectueuses des peuples qu'elles dirigent...

Lire aussi : 
http://boufcemon.blogspot.fr/2013/02/cahuzac-blanchi-na-jamais-doute-de-son.html
http://boufcemon.blogspot.fr/2013/03/m-cahuzac-jamais-inquiet.html

mardi 19 mars 2013

Poutine, Robin des Bois des Chypriotes !

Suite au tollé provoqué par l'adoption en loucedé du plan de sauvetage de dix milliards d'euros, destiné à renflouer l'Etat chypriote, qui imposait une taxation de tous les dépôts bancaires logés dans l'île, un rétropédalage semble s'être amorcé. Qui l'eût cru ?

Dans la soirée d'hier, la zone euro a demandé à l'Etat chypriote que les dépôts en-dessous de cent mille euros ne soient plus taxés. Les manifestations de Chypriotes d'hier auraient-elle fait leur effet ? ou l'Eurogroupe aurait-il été pris d'un soudain accès de miséricorde pour les petits dépositaires ? Non, n'exagérons rien, c'est de l'Eurogroupe qu'on parle tout de même...

Non c'est juste Tovaritch Poutine qui s'est fâché... Poutine Robin des Bois des petits dépositaires Chypriotes ? N'exagérons rien, c'est de Poutine qu'on parle... Il est venu tout simplement au secours des hommes d'affaire russes détenteurs de comptes à Chypres. La dictature financière contrecarrée pour des motifs financiers, c'est-y pas beau ça ?

En tout cas, c'était bien un faux espoir, les protestations populaires n'y étaient pour rien, et le jour où l'Europe écoutera ses peuples n'est pas encore arrivé. N'exagérons rien, c'est de l'Europe qu'on parle tout de même...

lundi 18 mars 2013

Législative partielle tapageuse pour le PS

la deuxième circonscription de l'Oise votait hier pour une législative partielle. Il en est ressorti un résultat pour le moins.. pas étonnant ! Le second tour réunira l'UMP Jean-François Mancel à la FN Florence Italiani. La candidate PS Sylvie Houssin n'a pu réunir les 12,5 % de voix réglementaires pour accéder au second tour. Un résultat qui fait grand bruit dans notre belle classe politique... sauf au PS, où l'on préfère minimiser, comme par hasard...

Pour Christian Jacob, patron des députés UMP à l'Assemblée, "ce scrutin est révélateur d'un président de la République qui s'effondre, d'un Parti socialiste complètement démonétisé et d'un gouvernement déboussolé". Rappelons que, sous Sarkozy, un résultat aussi défavorable à l'UMP traduisait une forte impatience des Français à voir s'accomplir les réformes de la droite. Alors qu'aujourd'hui, les Français rejetteraient le gouvernement de gauche, qui pourtant met en oeuvre une politique telle que M. Sarkozy n'aurait pas fait mieux. Ce qui démontre, par l'utilisation qu'elle en fait, en quelle estime l'UMP tient le peuple français...

Steeve Briois, secrétaire général du FN, se réjouit bien évidemment et appelle à la mobilisation des électeurs autour de sa candidate Mme Italiani, car, dit-il, "un énième député UMP qui ne s'opposera en rien au projet de la gauche, ne leur servira à rien [aux électeurs], ils ont encore l'opportunité d'élire une authentique élue d'opposition". Au fait, quelqu'un lui a-t-il dit que Marion Maréchal-Le Pen a déclaré ce week-end au JDD qu'elle avait voté les contrats de génération chers à notre bon président, et qu'elle s'apprêtait à suivre l'UMP dans sa motion de censure contre le gouvernement ? Comme authentique opposante, on a déjà fait mieux... Ou Mme Maréchal-Le Pen est-elle passée du FN au Centre sans prévenir personne ? 

M. Laurent, secrétaire national du PCF, lui, fait mine de s'inquiéter, sans arriver à cacher sa joie : "notre candidat est en légère progression, mais dans un désastre politique général, nous ne pouvons pas nous satisfaire de cela. C'est à l'évidence un message envoyé par les électeurs de gauche pour dire : il faut totalement changer de cap". Message envoyé, d'après lui, par une forte abstention des électeurs de gauche. On ne peut remettre en cause l'obligation de changer de cap. Cependant, le score faramineux de 6,64 % réalisé par Pierre Ripart, candidat du Front de gauche, semble montrer que le changement de cap préconisé par le FDG ne semble guère enthousiasmer davantage les foules...

Enfin au PS, on dit... euh... ben rien en fait ! Tout juste Sylvie Houssin, éliminée au premier tour, a-t-elle appelé à voter pour M. Mancel (UMP), et M. Désir, patron du PS, a-t-il ajouté, pour dédramatiser, que cette circonscription est traditionnellement acquise à la droite. Voilà qui soulage tout le monde, réduit à néant l'hypothèse d'un rejet du gouvernement et de sa politique, et lui enlève donc toute obligation de changer quoi que ce soit...


dimanche 17 mars 2013

Plan d'aide à Chypres : encore un bel exemple de démocratie...

Dans la nuit de vendredi à samedi, la Troïka - UE, BCE, FMI - a décidé de "venir en aide" à Chypres, au bord de la faillite bancaire, en lui accordant un plan d'aide de 10 milliards d'euros. 

Rien d'inhabituel puisqu'il ne s'agit que du 5e ou 6e plan de sauvetage accordé à un pays européen. Plan d'aide dont les conditions enfonceront bien davantage ce dernier qu'elles ne l'aideront, mais on s'en fout, on le fait quand même... Donc rien de nouveau sous le soleil méditerranéen. Vraiment rien ? 

Si tout de même : l'obligation faite à l'Etat chypriote d'instaurer une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires, de 6,75 % sur ceux en-dessous de 100 000 euros et de 9,9 % sur ceux dépassant cette somme, avec en sus une petite ponction sur les intérêts - sinon, ce n'est pas drôle. Ce qui était bien évidemment à prendre ou à laisser... Et pas la peine de demander son avis au peuple chypriote évidemment. "Et puis quoi encore ! Pourquoi pas lui demander gentiment si on peut lui faire les poches pendant qu'on y est !", doit-on se dire à la Troïka, "nous seuls savons ce qui est bon pour eux !" C'est sûr, et la façon éclatante dont la Grèce se sort de ses problèmes le confirme...

Bizarrement, les Chypriotes ne semblent pas avoir compris les choses comme cela à leur réveil samedi matin, qui se sont massés sur les distributeurs de billets pour retirer le maximum d'argent de leurs comptes. Peine perdue, paraît-il, puisque les sommes à prélever étaient déjà bloquées. On arrête pas le progrès ! 

Donc, pour la première fois un plan d'aide de la Troïka impose à un Etat d'aller faire les poches de son peuple directement à la source. Voilà un bel exemple de démocratie ! Un plan décidé durant une nuit, sans demander l'avis des principaux concernés - les citoyens chypriotes - et sans que ces derniers puissent s'y opposer par quelque moyen que ce soit...

C'est-y pas génial d'avoir ainsi mis le progrès technologique au service de la démocratie, de la liberté et du bien des peuples ? 

M. Cahuzac, jamais inquiet !

Notre ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac, si prompt à nous donner des leçons d'économie expliquant pourquoi nous allons devoir nous serrer la ceinture, est toujours dans d'aussi beaux draps suite aux révélations du site d'information Mediapart sur son compte planqué à l'UBS de Genève jusqu'en 2010. Mais il se sent toujours aussi peu concerné...

Cette semaine, le fameux enregistrement accusateur a bien été authentifié par des experts et des témoins. Mais M. Cahuzac n'est toujours pas inquiet. Bien sûr, rappelons-nous, l'UBS l'a blanchi il y a de cela plus d'un mois ( http://boufcemon.blogspot.fr/2013/02/cahuzac-blanchi-na-jamais-doute-de-son.html ). Et, comme le dit son avocat, Maître Auguste, "que trois témoins proches des accusateurs affirment avoir reconnu la voix de Jérôme Cahuzac sur un enregistrement non authentifié [si si !] ne change rien au fait, lui authentifié que la banque UBS a certifié auprès des autorités suisses que M. Cahuzac ne détenait aucun compte chez elle, ni n'en avait fermé un en février 2010, contrairement à ce que Mediapart avait cru pouvoir affirmer", donc à l'en croire, Mediapart peut remballer son enregistrement.

C'est vrai qu'un enregistrement où M. Cahuzac s'avoue embêté de détenir un compte à l'UBS, authentifié par trois témoins ainsi que des experts, ne fait pas le poids face à une déclaration officielle de l'UBS aux autorités suisses, blanchissant M. Cahuzac. Il n'y a pas photo ! 

Cela fait si peu le poids que le ministère Français de l'Economie et des Finances n'a même pas jugé nécessaire de rendre publique cette déclaration, ni les éléments sur lesquels elle se base, depuis qu'il l'a reçue le 10 février dernier. A moins que ce ne soit un faux ? Pas possible, les banques et les autorités ne mentent jamais à leurs concitoyens, c'est bien connu ! 

Alors qui est le menteur ? La banque UBS et les autorités suisses et françaises, qui ne mentent bien entendu jamais à leurs concitoyens, ou le site d'information accusé de mensonge éhonté par ces mêmes autorités, qui ne mentent bien entendu jamais à leurs concitoyens ? 

Le beau socialisme à la Chinoise...

Xi Jinping, nouveau président chinois, a prononcé aujourd'hui son premier discours. Il s'y est voulu déterminé à porter son pays toujours plus haut, appelant à une "renaissance de la nation chinoise" par le combat "pour la cause du socialisme". Un nouvel espoir pour les damnés de la Terre ? Euh... non, pas vraiment car il a ajouté "la cause du socialisme aux couleurs de la Chine". Rappelons-nous, il s'agit de cette superpuissance "communiste" qui s'est ouverte au capitalisme il y a déjà plusieurs décennies, et en a adopté les pratiques les plus sauvages. Et si les travailleurs chinois nageaient dans le bonheur, on le saurait...
D'un autre côté, M. Jinping a appelé, pour réaliser le rêve chinois, à "promouvoir l'esprit chinois. C'est à dire l'esprit national centré autour du patriotisme". Mais, au fait, le socialisme n'est-il pas, à la base, ce fameux mouvement internationaliste qui fit si peur aux grandes puissances capitalistes aux XIXe et XXe siècles ? 
Enfin, et parmi tant d'autres joyeusetés, M. Jinping a appelé les soldats et officiers de l'Armée populaire et de la police militaire, guidés par le Parti (communiste chinois, ou PCC), à être "capables de remporter des combats et avoir l'objectif d'une armée forte et disciplinée". Eh oui, la Chine est notamment en bisbille avec le Japon en ce moment pour le simple et stupide prétexte d'un petit archipel inhabité (ou presque). Donc, la Chine se prépare à une guerre... Mais, au fait, le socialisme n'est-il pas censé, si on cherche bien, être un mouvement antimilitariste ? 
Voilà un monsieur qui, en un discours, est arrivé à concilier nationalisme, militarisme, voire impérialisme, avec socialisme. C'est fort, très fort. Et on va encore s'étonner que le mot "socialisme" fait peur... 
Mais au fait, le socialisme n'est-il pas aussi, à la base encore une fois, l'idéologie ayant pour objectif l'amélioration de la condition des travailleurs, opprimés et pressurés par le capitalisme sauvage ? Oui, parlons-en, qu'en est-il du sort des centaines de millions de travailleurs chinois, travaillant un nombre d'heures indécent pour une misère que daignent leur lâcher les grands capitalistes locaux, souvent caciques du PCC soit dit en passant, et étrangers installés en Chine ? 
Bof ! Le grand marxiste qu'est M. Jinping semble n'y avoir pas pensé ou, pire, s'en fout. C'est sans doute cela le socialisme à la chinoise...

En grand marxiste qu'il est, M. Jinping en appelle à un socialisme chinois nationaliste, militariste, voire impérialiste. Peut-être devrait-il retourner à ses bouquins...

samedi 16 mars 2013

Violences faites aux femmes : sans se presser...

Grande nouvelle pour les femmes de ce monde ! La 57e session annuelle de la Commission de l'ONU sur le statut de la femme a accouché d'une déclaration dénonçant les violences faites aux femmes. Il aura fallu 57 années à cette commission pour pondre un texte aussi élémentaire ? La grande efficacité onusienne nous fera toujours rêver...
Et encore, il s'en est fallu de peu pour que ce projet échoue, tout comme il avait déjà capoté en 2003. Tout ça pour deux raisons. D'une part, à cause d'un paragraphe qui y souligne qu'"aucune coutume, tradition ou considération religieuse" ne peut justifier les violences faites aux femmes. Ce qui n'a, bizarrement, pas plu à des Etats comme l'Iran, la Libye, ou encore le Soudan, pourtant connus pour être de grandes démocraties progressistes, non ? Et d'autre part à cause de positions, dans les domaines des droits des lesbiennes et tout simplement des... droits sexuels des femmes, trop avancées semble-t-il pour des Etats comme l'Iran (encore !), la Russie ou... le Vatican, pourtant si connus eux aussi pour leur grand progressisme...
C'est vrai quoi ! Si on ne peut plus mettre une légère trempe à sa femme parce que la bouffe n'était pas bonne, si on est obligé de lui demander son avis quand on a envie de tirer un coup, et si - comble de l'horreur - il faut accorder des droits aux lesbiennes, on va dans le mur ! Ce serait la "déchéance totale de la société", comme l'on si joliment dit les très humanistes Frères musulmans égyptiens.. Il ne manquerait plus qu'on interdise l'excision en Afrique et ce serait la fin de tout ! 
Bref, au bout de deux semaines de palabres et de négociations acharnées, les représentants des 193 Etats membres de l'ONU ont réussi à se mettre d'accord sur une déclaration finale, les uns en modérant leurs velléités sur les droits sexuels des femmes et les droits des homosexuelles, les autres en acceptant de surmonter leur propension à considérer la femme comme un vulgaire objet.
Deux questions subsistent.
- Si les occidentaux ont modéré leurs attentes et pour que l'Iran, la Libye, le Soudan, la Russie ou encore le Vatican aient accepté de signer, que reste-t-il dans ce texte ? L'engagement de ne plus frapper trop fort ? 
- Question corollaire : sachant que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée en 1948 aux lendemains de la guerre, a encore beaucoup de mal à être appliquée dans certains pays - souvent les mêmes que ceux qui avaient des réticences à signer la déclaration sur les femmes, comme c'est étrange ! - qu'en sera-t-il de cette déclaration sur les violences faites aux femmes, qui a mis 57 années à venir ? 
Les misogynes, machos et autres mâles dominants de ces pays ont encore de beaux jours devant eux...

mercredi 13 mars 2013

Bonjour Msieur Premier !

On y est ! Cela n'aura pas traîné. Les 115 cardinaux du Conclave, qui n'avaient certainement pas que cela à faire, se sont mis d'accord vite fait bien fait pour élire l'un des leurs comme nouveau pape. Ce sera l'Argentin Jorge Bergoglio. Deux jours, emballé c'est pesé !
Preuve qu'ils n'ont pas voulu s'embêter ? Ils ont élu celui qui, paraît-il, apparaissait chaque fois deuxième en 2005, derrière celui qui est devenu Msieur Seize. Ils n'ont pas cherché bien loin quoi...
Pour éviter que trop de choses changent pendant le prochain pontificat, ils le voulaient plutôt conservateur. Encore une bonne raison de ne pas chercher trop loin puisque cela faisait partie du profil du meilleur second de 2005. Fa-cile ! 
Pour compléter le tableau, après le pape à la jeunesse hitlérienne, voilà le pape qui vit dans l'ombre d'un passé trouble, ou supposé tel, sous la dictature argentine dans les années 70. Il pourrait effectivement être à l'origine de l'arrestation de plusieurs curés opposants. Voilà une nouvelle preuve que les cardinaux n'ont pas voulu chercher plus loin que le bout de leur nez : ils ont fait fi du passé de M. Bergoglio. Ils ont sans doute tous oublié les critiques qui ont fusé pendant huit ans sur la jeunesse de Msieur Seize ? Halala, c'est pas beau de vieillir ! 
Ce qui va finalement vraiment changer, c'est que pour la première fois, le pape vient du continent américain et que, pour la première fois, il s'appellera François. Alors, pas vraiment de quoi en faire un plat en fait...
Donc, pas grand chose à dire, si ce n'est : bonjour Msieur Premier, bonne installation dans votre nouveau chez-vous au Vatican et amusez-vous-y bien ! 

Fumée blanche ! Un nouveau pape a été élu ! Le pape a démissionné, vive le pape ! ça le fait moins que "le pape est mort, vive le pape" quand même. CDD de combien d'années cette fois ? 

mardi 12 mars 2013

Les New-Yorkais sauvés du régime (presque) sec

Camouflet pour Michael Bloomberg, maire démocrate de la petite bourgade américaine de... New York ! Le méchant monsieur, ayant constaté que plus de la moitié de ses administrés - plus de dix millions de personnes, excusez du peu... - était atteinte d'obésité, a eu la folle prétention de vouloir interdire la vente de sodas géants (plus de 47 centilitres) dans le sein de la grosse pomme. Cela était valable dans la restauration rapide, les cinémas, les stades ou les restaurants. Les New-Yorkais auraient été contraints de se déplacer jusqu'au supermarché pour retrouver de quoi étancher suffisamment leur soif...
Que n'a-t-il pas osé faire là ! Les pauvres New-Yorkais allaient-ils ne plus pouvoir boire autant de soda qu'ils le voulaient, ni s'engraisser librement ? 
Fort heureusement pour eux, ce ne sera pas le cas puisqu'un juge a bloqué cette interdiction, la qualifiant d'"arbitraire". C'est vrai ça, et le libre-arbitre alors ! Si les New-Yorkais veulent se détruire la santé en s'envoyant de petits rafraîchissements d'un litre de coca, ils en ont le droit ! 
Précisons tout de même que ce juge a été mandaté par l'Association Américaine des Boissons, puissant lobby qui, lui, ne bride pas le libre-arbitre des consommateurs new-yorkais, mais le "guide judicieusement" en les abreuvant de publicités autant que de soda...
Et le juge ? S'est-il laissé guider uniquement par son libre-arbitre, ou bien son libre-arbitre a-t-il lui-même été "guidé" par l'engraissement de son portefeuille ? 
Sommes-nous mauvaise langue tout de même ! On sait bien que dans ces affaires impliquant des lobbys aussi puissants, les juges incarnent l'impartialité même...

Quelle drôle d'idée, M. Bloomberg, que de vouloir lutter contre l'obésité ! Et la ruine de cette grande marque de boisson au cola, y avez-vous pensé ? 

lundi 11 mars 2013

Hollance n'oublie personne

En visite à Dijon les 11 et 12 mars, Papa François est venu sur le terrain réaffirmer certaines de "ses priorités, parmi lesquelles la lutte contre le chômage et la jeunesse" (lemonde.fr, 11 mars 2013). Qu'il s'agisse là d'une maladresse de style du Monde ou pas, on a furieusement l'impression, à la lecture de cette phrase, que Papa François est décidé à lutter contre la jeunesse. 
Impression accentuée par cette déclaration sur ses trois plus grandes préoccupations : "la lutte contre le chômage, la compétitivité de nos entreprises et le financement des retraites". Et rien pour venir en aide aux jeunes, public en grande difficulté ? Papa François n'aime pas les jeunes ? A moins qu'il veuille les épargner des réformes austéritaires qu'il veut mettre en place, véritable raison de sa préoccupation du financement des retraites ? La bonne blague ! 
Mais non voyons ! Papa François a bien sûr précisé que la France, pour avancer, avait besoin de toutes les générations. Que les jeunes se rassurent donc. Papa François ne les a pas oublié et n'a rien contre eux, puisqu'il leur a concocté quelques emplois d'avenir - dont quatre ont été signés aujourd'hui à Dijon - et autres contrats de génération. Mais en contrepartie, il ne les a certainement pas non plus oubliés dans l'austérité à venir. 
Par ce petit séjour au milieu des escargots de Bourgogne - le temps s'y prête admirablement en ce moment -, Papa François a voulu en fait montrer qu'il n'oubliait personne en se rapprochant des gens et du terrain. Mais en visitant en plus des entreprises de pointe, il a voulu montrer que malgré la conjoncture plus que morose et la cure d'austérité qui s'annonce, il y a de l'espoir pour tout le monde et "que la France avance [...], peut gagner, peut réussir". 
Ces 48 heures passées dans la capitale des Ducs de Bourgogne suffiront-elles à en convaincre ne serait-ce que les Dijonnais ? 

dimanche 10 mars 2013

Pourquoi le pouvoir birman laisse l'opposition tranquille

Lors du tout premier congrès de son parti, la LND (Ligue Nationale pour la démocratie), la grande opposante birmane Aung San Suu Kyi a peut-être donné une réponse à une grande question : mais pourquoi le gouvernement birman - issu et encore largement sous la coupe des militaire de la junte qui régna sans partage de 1988 à 2011 - s'est-il subitement libéralisé en rendant la liberté à nombre d'opposants politiques, et en permettant à la LND de sortir de la clandestinité ? Celle-ci pourra donc se présenter aux législatives de 2015, où elle sera évidemment grande favorite. Au détriment du pouvoir en place de toute évidence. Ce dernier a-t-il décidé de s'auto-envoyer par le fond ? Que nenni ! 
Mme Suu Kyi a en fait reconnu, lors de son discours au congrès de la LND, que le parti était traversé de vives tensions internes ces derniers temps. Pourtant Mme Suu Kyi a été réélue à l'unanimité des 120 membres du comité central, sans opposant face à elle. Certes, mais des membres du parti ont été exclus du fait des tensions internes et n'ont pu assister au congrès. L'apprentissage de la démocratie sans doute...
Ces tensions existaient sans doute déjà dans la clandestinité, mais éludées par l'unité nécessaire dans la lutte face à la junte et à ses marionnettes. Hypothèse alors : celle-ci pourrait l'avoir compris et aussi, par conséquent, qu'une fois l'opposition légalisée, son besoin d'unité interne se ferait moins sentir... 
En d'autres termes, si la LND reste trop naïve et ne règle pas ses différends internes, la vie et les droits du peuple birman ne sont pas près de s'améliorer...
Une manoeuvre de l'ancienne junte pour diviser voire faire exploser l'opposition et continuer à régner ? Non, tout de même pas. Ce serait d'un vicelard de la part de gens qui se sont si spontanément ouverts à la démocratie après 23 ans de dictature...

samedi 9 mars 2013

La politique ? Pourquoi faire ?

C'est en gros la question que se pose Bruno Le Maire dans ses livres (Le Ministre, Des hommes d'Etat, Jours de pouvoir), où il revient sur sa vie politique et privée dans l'entourage du pouvoir de M. Sarkozy, dont il était ministre de l'Agriculture. 

Ces bouquins sont censés répondre à la question "à quoi sert la politique ? Que peut-on encore faire ?" On aurait bien une réponse. Le lecteur criera certainement à la folie, mais c'est une réponse qui paraît tout de même sensée. 
Il y a une citation trotskiste qui dit "Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde : les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques". Si on essaie de traduire, cela peut vouloir dire que l'intérêt général, c'est de la politique. Et que la politique doit se faire, normalement, dans l'intérêt général. 
Ah bon ! Ce serait donc à ça que servirait la politique ? Peut-être faudrait-il le rappeler à ces gens qui osent se poser la question alors qu'ils en ont fait leur vie. Ils se sont tellement éloignés de ce que devrait être la politique qu'ils se sont perdus les pauvres... 
Voilà de plus qui pourrait amener certaines pistes de réflexion à ceux qui nous gouvernent actuellement sur la direction à suivre, au lieu de partir un peu dans tous les sens, non ? 
Naïf ? Peut-être, mais pourtant si vrai... Et il ne faut pas trois bouquins pour dire cela.

jeudi 7 mars 2013

Sarkozy a donné du courage à la gauche gouvernementale

Etant donné ce qui est prévu dans l'accord national interprofessionnel du 11 janvier entre les "partenaires sociaux" (Medef, CFDT, CFTC, CFE-CGC, euh... ben c'est tout, les autres ne sont pas d'accord), traduit par un projet de loi présenté hier en conseil des ministres, M. Sarkozy a bien tort de stigmatiser ce gouvernement et de le taxer d'amateurisme, la mauvaise langue. 
Si M. Sarkozy devait revenir, "pour le bien de la France" (aïe aïe aïe, tous aux abris !), il devrait se rendre compte qu'il pourrait compter sur le soutien plein et entier des ministres socialistes. Voire, il pourrait même les faire entrer dans son gouvernement, lui le champion de l'ouverture à gauche, ils n'y dépareilleraient pas...
M. Sarkozy a toujours clamé haut et fort qu'il avait le courage de faire les réformes que personne n'avait osé faire, et surtout pas la gauche. Des réformes de droite, ultra-libérales, et au détriment des travailleurs bien entendu. 
Eh bien son ouverture a très bien fonctionné puisqu'elle a insufflé ce courage réformiste à la gauche gouvernementale. Celle-ci n'a en effet plus peur maintenant de clamer haut et fort qu'elle a, elle aussi, le courage de faire des réformes... de droite ! 
Merci Sarko, grâce à toi, la gauche s'est décomplexée et n'a plus peur d'être de droite...

En complément, on peut lire aussi le petit article suivant, issu du Canard Enchaîné (6 mars 2013), démontrant qu'avant même d'être adopté par le Conseil des ministres, le projet de loi sur la "flexisécurité" de l'emploi était déjà illégal...


lire aussi : 
http://boufcemon.blogspot.fr/2013/02/standard-and-poors-encore-contre-courant.html
http://boufcemon.blogspot.fr/2013/02/la-meteo-changeant-des-agences-de.html
http://boufcemon.blogspot.fr/2013/03/a-lump-la-peur-de-soutenir-les.html

mercredi 6 mars 2013

La Révolution française (12) : petit passage par Bruxelles

Bruxelles aux Bruxellois !

Depuis des semaines on sait que les Pays-Bas Autrichiens sont en proie à une fièvre révolutionnaire accrue, suite aux événements français. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls puisque leurs voisins de la principauté de Liège n’ont pas été en reste, qui ont décidé au mois d’août d’imposer leur volonté à leur prince-évêque. On apprend maintenant que la population de la principauté de Stavelot-Malmédy a réussi, en octobre dernier, à imposer à son prince-abbé l’élection d’une assemblée nationale chargée de lui faire part des griefs populaires. Décision qu’il a d’ailleurs rapidement mise de côté pour se ressaisir et, à peine une vingtaine de jours plus tard, interdire la réunion de cette assemblée. Qu’importe, l’expérience d’élections a été faite dans cette principauté, et son prince-abbé Célestin de Thys n’en a certainement pas fini avec les troubles. Sa principauté, voisine de celle de Liège, est en contact permanent avec la propagande révolutionnaire qui s’est développée dans cette dernière depuis le mois d’août.
Mais l’événement le plus retentissant en cet automne 1789, chez nos voisins du Nord, est bien l’exploit des patriotes bruxellois. A la mi-décembre, un mois et demi après la première victoire des troupes patriotes du général Van der Mersch à Turnhout, moins d’un mois après que ces mêmes troupes aient chassé l’armée impériale de Gand, les Bruxellois ont réussi d’eux-mêmes à chasser les troupes autrichiennes qui y étaient cantonnées. Bruxelles était très agitée depuis déjà des mois, voire des années, étant la ville d’origine des chefs insurgés Vonck et Van der Noot. Mais une trêve conclue entre le général D’Alton, commandant de l’armée impériale à Bruxelles, et Van der Mersch a permis au premier de commencer à renforcer les défenses de Bruxelles. Il n’en a pas fallu plus pour mettre les patriotes bruxellois dans la rue avec toutes les armes qu’ils ont pu trouver. Il semblerait que leur détermination fût telle qu’ils ont non seulement tenu les troupes impériales en respect, mais qu’en plus ils les ont faites refluer toujours plus loin, jusqu’à les obliger à sortir de Bruxelles dans le désordre, laissant souvent armes et bagages sur place. Il s’agit d’un événement considérable, non seulement par l’exploit accompli par une population mal armée et pas commandée face à des troupes militaires disciplinées, mais aussi parce que Bruxelles est rien moins que la capitale des Pays-Bas Autrichiens, enfin parce que le reflux des troupes impériales les a conduites jusqu’au Luxembourg, resté fidèle. De nombreuses villes étant elles aussi entrées en rébellion, les troupes impériales n’étaient plus les bienvenues nulle part.
En entrant aux Pays-Bas Autrichiens fin-octobre, les troupes de Van der Mersch avaient proclamé la déchéance de Joseph II. En se révoltant contre les troupes impériales, les grandes villes leur ont préparé le terrain en vue de la libération, et les Bruxellois en chassant les troupes impériales, ont complété le tableau qui concrétise cette grande proclamation. Et d’après nos informations, Joseph II qui a eu à affronter la fronde des patriotes et des Etats contre ses réformes depuis son accession au pouvoir, serait aujourd’hui au plus mal, incapable de se remettre des affronts successifs qu’on « osé » lui faire ses peuples des Pays-Bas.
Pour en revenir un peu à notre révolution, il convient de saluer une nouvelle décision qui ne peut que renforcer l’unité de la population autour de ce que construisent nos députés à la Constituante. Malgré une féroce opposition du côté droit – comme c’est devenu une habitude dès qu’il s’agit d’introduire un progrès –, les comédiens et les protestants ont enfin pu accéder au statut de citoyen et, partant, à l’égalité des droits. La lutte a cependant été si féroce à l’Assemblée que les « Noirs » ont finalement réussi à maintenir l’exclusion des Juifs du statut de citoyens en obtenant d’en rediscuter ultérieurement. Ce n’est que partie remise, Messieurs, bous n’arrêterez pas le progrès révolutionnaire. Et préparez-vous à un choc encore plus considérable lorsque s’ouvriront les débats pour ouvrir les l’égalité des droits et la citoyenneté aux femmes. Car il ne saurait être question, dans un pays qui vient d’écrire une déclaration des droits de l’homme, d’en exclure la moitié de sa population.






mardi 5 mars 2013

A l'UMP, la peur de soutenir les socialistes

Il paraîtrait que les parlementaires UMP ne sauraient trop se mettre d'accord - en soi, c'est loin d'être une surprise... - sur ce qu'ils vont devoir prochainement voter au Parlement : pour ou contre le projet de loi de réforme du marché du travail. Rappelons-le, il s'agit du texte que présentera le gouvernement suite à l'accord national interprofessionnel, signé le 11 janvier entre les partenaires sociaux. Certains du moins, puisque quelques syndicats, pas d'accord du tout, ont manifesté aujourd'hui. 
Cruel dilemme pour les parlementaires UMP ! Voter pour ? Voter contre ? Telle est la question ! 
Ils voteraient bien pour, car un gouvernement sous le si adulé Sarkozy n'aurait pas pondu mieux comme texte, et encore sans s'embêter à consulter les partenaires sociaux... On plaisante : le Medef aurait tout de même été consulté ! Là, il a fallu attendre que le Medef impose ses conditions aux syndicats, mais le résultat est le même. Ce qui en dit long sur le caractère très "socialiste" du futur texte de loi... D'un autre côté, ils ont peur de passer pour les soutiens des méchants socialos ! Alors on se dédouane comme on peut.
Xavier Bertrand, ex-ministre du Travail, dit avoir peur du devenir du Parlement : "M. Sapin a montré les muscles devant sa majorité en leur demandant de ne pas modifier le texte, mais ça pose une réelle question du rôle du Parlement : est-ce qu'il est destiné à devenir une chambre d'enregistrement ?" Il est vrai que, sous M. Sarkozy, le Parlement et sa majorité UMP n'étaient pas du tout une chambre d'enregistrement agissant sous les oukases de son gouvernement et de son président...
M. Copé, le très démocrate président de l'UMP, votera pour, mais dit avoir peur de voir les députés PS durcir le texte : "C'est ça ma grande inquiétude, quand j'entend les députés PS dire qu'ils vont l'abîmer avec des contraintes supplémentaires sur les entreprises". C'est vrai ça ! On pourrait peut-être même réintroduire le salaire et l'embauche journaliers, ça libérerait encore plus les entreprises de toute contrainte...
De toute façon, l'UMP n'osera pas voter contre, voire même trop critiquer, puisque le Medef, par la voix de sa tout aussi démocrate présidente Laurence Parisot, s'en satisfait : "Nous avons été très écoutés, je crois, largement compris ce matin. Peut-être que des choses vont se passer d'une façon que nous n'avons encore jamais connue dans notre démocratie sociale et politique". 
Si le Medef, bien connu pour sa profonde fibre sociale et ouvrière, s'en satisfait, alors l'UMP n'a pas à s'inquiéter. C'est qu'elle peut soutenir à fond ce texte qui n'aura de socialiste que le nom, tout comme le gouvernement qui l'a pondu.
On en aurait presque l'impression que le précédent gouvernement est toujours en place...